Communication

Vous avez le droit d’être un amateur, mais il vous est interdit de le rester

 

Absolument tout le monde a été un amateur, un jour. Personne n'est né en étant un expert, cela s'est fait à force d'apprentissage et d'exercice. Si vous êtes un amateur, et que vous comptez le rester votre vie durant, prière d'arrêter là votre lecture, vous perdriez du temps en lisant cet article.

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C’est bon ? Il ne reste que ceux qui ont envie de passer du stade d’amateur à celui d’expert ? Cool, let’s move on ! Voici comment devenir un expert, en quelques points. Je préfère vous prévenir, cela prendra du temps, beaucoup de temps. Des efforts constants, et répétitifs, mais avec de la volonté et du travail, on arrive à à peu près tout.

 

Amateur

Ce mot est polysémique. On lui reconnaît au moins quatre sens. Celui qui nous intéresse ici à une signification péjorative. Par « amateur », j’entends un individu qui manque de compétences dans son domaine de prédilection, dont l’activité est marquée par un manque de professionnalisme patent. Il y a deux raisons à cela :

  • cette personne ne fait pas preuve de suffisamment d’assiduité
  • elle n’utilise pas les bonnes méthodes

Comprenez-moi bien, je ne récuse pas le dilettantisme, loin de moi cette idée. Vous avez tout à fait le droit de tenir un blog sur l’une de vos passions, et d’en parler avec enthousiasme. Vous avez même le droit de pratiquer du judo sans connaître l’histoire de ce sport, du moment que vous le pratiquez comme un loisir.

Ce que je n’admets pas, c’est que vous vous présentiez comme un expert en la matière, ou que vous prétendiez instruire d’autres d’un sujet que vous ne maîtrisez pas. Si vous vous reconnaissez dans cette description, ne vous mettez pas martel en tête, il n’est jamais trop tard pour faire ce qui est bien. Attention cependant :

À ne surtout pas faire :

  • proposer des formations payantes. Si c’est le cas, désactivez-les.
  • prétendre être un expert. Ça se voit comme le nez en plein milieu de la figure. La seule personne à qui vous faites du tort, c’est vous. Au pire, vous égarerez des aveugles, au mieux, vous perdrez simplement toute crédibilité.
  • se montrer arrogant. C’est un défaut rédhibitoire. Dans presque tous les cas. Personne ne veut transmettre quoi que ce soit à un individu imbu de lui-même, qui pense détenir toutes les réponses. Même les experts ne savent pas tout, alors un amateur…
  • mentir. Dans la même veine que plus haut. Si vous êtes très forts, vous ferez illusion un moment, mais on ne peut mentir à tout le monde tout le temps. Tôt ou tard, votre manque de compétence paraîtra, vous perdrez alors tout crédit.

Ceci étant établi, passons à l’objet de cet article : comment passer du statut d’amateur, à celui d’expert.

Il n’existe pas d’allers simples, vous allez devoir faire des correspondances

Il n’y a pas de recettes miracles, ni de baguettes magiques mais ça, vous devez vous en douter depuis un moment. Par contre, il y a des recettes, j’en ai développé un certain nombre. Chacune d’elles vous mènera à un nouveau palier, sur lequel vous devrez passer un certain temps, afin de pouvoir acquérir un certain nombre de connaissances, et d’engranger de l’expérience.

J’ai menti

Quoi ? Oui, j’ai menti. Je viens de dire qu’il n’y a pas de baguette magique mais en fait, c’est faux, il en existe bien une. La barre de recherche de Google ( je prie instamment les aficionados de Yahoo, Bing, Lycos, Ask et compagnie de ne pas relever ce point, merci. Le but de cet article n’est pas d’entrer dans un débat sans fin sur les monopoles).

C’est une source inépuisable de savoir. Visualisez la caverne d’Ali Baba, ou le trésor de Midas. J’exagère à peine. MOOC, cours en ligne, articles, PDF, ebooks, Facebook, Twitter, Pinterest, Google +, emails … Ça vous parle ? Non ? C’est le moment de les googler.

Notre marraine la bonne fée s’appelle Serguëi-Larry et ses petits lutins les experts de votre domaine de prédilection. Eh oui, vous allez devenir un expert grâce à des experts, je viens d’inventer l’eau chaude ! Rires.

Les paliers et leur motto

Personne ne passe spontanément du stade d’amateur à celui d’expert. La plupart des gens s’accordent à dire qu’il y a trois paliers, j’en distingue quatre.

L’amateur aime – iiiii love it ! Absolutly ! (avec l’accent british)

Le passionné compile – knowlegde’s bread (le pain de la connaissance)

Le technicien s’approprie – the technical guy (le gars technique)

L’expert  réinvente, il apporte sa contribution à la profession – the theory editor (l’éditeur de théorie)

les recettes qui y mènent

J’imagine que vous avez hâte de le savoir, hein ? Allons-y.

 

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Souvenez-vous, nous parlons de l’amateur au sens péjoratif du terme. Voici ce qui le caractérise :

L’amour. Il s’intéresse suffisamment au sujet pour savoir de quoi il en retourne. Il s’y adonne pour le plaisir, par loisir.

L’intérêt. Il veut monnayer son savoir, ou se positionner comme un expert, ou les deux. Ce n’est pas péjoratif en soi, sauf quand les connaissances en questions sont des « connaissances ». Restons gentils.

L’ignorance. Il ne peut tenir une discussion de fond sur des aspects poussés de la discipline, il en maîtrise à peine le vocabulaire. Il ne connaît ni son histoire, ni le nom de ses ténors. Ses connaissances sont superficielles, il n’a mené aucune réflexion sur le pourquoi, le comment, la finalité et les déclinaisons de son domaine d’intérêt.

L’impatience. Il est souvent impatient, et un peu naïf. Il n’hésite pas à contacter des professionnels pour leur poser des questions auxquelles il pourrait trouver des réponses tout seul, s’il s’en donnait la peine.

Attention, je ne vous défends pas de le faire, c’est très bien de rechercher l’avis d’un spécialiste, seulement, ne le faites qu’après avoir vraiment cherché la réponse par vous-même. Cela s’entendra dans les questions que vous lui poserez, sans que vous ayez besoin de le dire.

La naïveté. Ses proches, son premier public, sont le plus souvent admiratifs de ce qu’il fait. Sa légitimité est entièrement basée sur l’admiration de profanes, ou de gens qui font semblant. Soit parce qu’ils n’y connaissent rien, soit parce qu’ils sont trop indulgents, et s’abstiennent de critiquer son travail pour ne pas le vexer. Au contraire, leurs propos sont très laudateurs. À les croire, il est le futur Picasso de la peinture. Je caricature mais c’est tout comme.

La légèreté. C’est la cause principale de son amateurisme. Il se contente de « connaissances » factuelles, superficielles, qu’il peut placer à son avantage ici et là. Malheur à lui si son interlocuteur creuse la question, car ce n’est rien qu’un écran de fumée qui dissimule… Rien. Absolument rien, justement.

La frilosité. Il ne progresse pas parce qu’il se dit qu’il n’a pas besoin de le faire. Il ne lui viendrait pas l’idée de sortir de sa zone de confort, de se mettre en danger, d’aller chercher. D’en vouloir, tout simplement.

L’orgueil. Il est satisfait de son niveau de connaissance et à des opinions très tranchées basées sur… Rien. Il n’hésite pas à le faire savoir, et ne sait pas écouter ; il détient la vérité, un point c’est tout.

Tous les amateurs ne cumulent pas ces défauts bien sûr, mais ils ont en un certain nombre. Ils ont cependant tous un point en commun : ils peuvent progresser très vite, s’ils s’y prennent bien. Voici le palier suivant :

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La soif de connaissance. Il fait des recherches sur le sujet. Il est épris de lui. Il cherche sans cesse à approfondir ses connaissances. Il lit beaucoup d’articles, et les collectionne (Pinterest). Il s’instruit sur l’histoire du domaine, en découvre les maîtres à penser, les théoriciens, les différentes branches.

Il expérimente. Il achète des livres pratiques, et expérimente les techniques qui y sont décrites. Il acquiert ses premières expériences, forge ses premières armes, et fait beaucoup d’erreurs. Grosses et petites.

Il pose des questions. À présent qu’il possède un savoir conséquent, il veut le développer, en saisir la cohérence. Il cherche des mentors, des spécialistes de la question, et n’hésite pas à les contacter pour obtenir des réponses à ses interrogations.

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Il se constitue une bibliothèque.  Il achète des livres aussi bien pratiques, que théoriques. Il maîtrise le jargon du domaine. Il est capable de tenir une discussion technique, et d’en apprécier les différents aspects.

Il se forme. Il fait une formation, suit des cours du soir, des MOOC, etc. et développe sa technique.

Il intègre le clan. Il échange avec d’autres aficionados. En s’inscrivant sur des forums, en intégrant des groupes (Facebook), ou des cercles (Google +). Il étoffe son carnet d’adresses, et se fait des relations.

Il se spécialise. Il en sait suffisamment pour savoir ce qui lui plaît, et ce qui ne lui plaît pas. Il se spécialise dans une branche, et se concentre sur un aspect du métier.

Il apprend sans cesse. Il fait de la veille, et se tient au courant des dernières évolutions dans son domaine d’intérêt.

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Il excelle dans son domaine.

  • Il est performant, c’est-à-dire qu’il commet le moins d’erreurs possible. Il est capable d’évaluer précisément la durée d’un projet, d’en visualiser les écueils et de prévoir des stratégies de contrôle efficaces.
  • Il est efficient. Il tire davantage à partir de ressources en apparence restreintes, et dans un temps beaucoup plus court que tous les autres.
  • Il est compétent, il procure un avantage concurrentiel considérable à l’organisation à laquelle il appartient.

Il a de l’expérience. Elle consiste souvent en une longue suite d’échecs qui se font de plus en plus rares, de sorte qu’on ne retient de lui que sa réussite éclatante à la fin.

Il conceptualise. Il donne du sens aux données factuelles, et dégage une vue d’ensemble d’informations en apparence disparates, à partir desquelles il fait des prédictions. Il distingue les données pertinentes des autres.

Il est prolifique. Il rédige des articles, écrit des livres sur son sujet.

Il a de l’influence. Il a la validation d’autres experts, avec lesquels il forme un réseau de qualité. C’est une référence. Il fait partie du nec plus ultra – de la crème de la crème en somme -, de son domaine de prédilection. Il est connu. De ses pairs, des techniciens et des passionnés. Il a une forte présence sur les réseaux sociaux, directement ou indirectement. Il fédère un groupe autour de lui. Sa parole fait autorité.

Il est cultivé. Ses connaissances ne se limitent pas à son métier, mais à tous les domaines / sujets / théories en rapport avec le sien.

C’est un mentor. Ces gens-là ont souvent des poulains, des gens qu’ils forment, avec qui ils partagent leur vision. Pas nécessairement par altruisme, mais par souci de transmission. Parce qu’un modèle réussi est un modèle reproductible. Si ceux qui utilisent son savoir et profitent de son expérience sont des succès, cela accroît le prestige de l’expert.

L’expert enrichit la profession, car son interprétation est particulière. Elle peut ne pas être la même que celle de ses pairs, c’est un atout, surtout si elle est portée par une vision, et si la différenciation apporte une plus-value à ce qui existe déjà. Les divers points de vue des experts, élaborés à partir d’une base informationnelle conjointe élargissent le champ des possibles, et développent leur domaine d’intérêt.

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Maintenant que vous savez tout cela, vous savez où vous vous situez, et le chemin qu’il vous reste à parcourir, si toutefois vous voulez atteindre le statut d’expert. Avant que l’un d’entre vous ne pose la question, l’auteur de ce blog est un critique, un observateur, qui n’a pas écrit son nom. Le statut d’expert lui est donc interdit, rires. Il vous fait gracieusement profiter de ses conseils et de son expérience, cependant.

Si vous avez des questions, ou des suggestions, que cet article vous a été utile, ou que vous saviez déjà tout cela (petits malins va !), n’hésitez pas, écrivez ! Je ne mords pas, promis. Ou si rarement.

 

1 Comment on Vous avez le droit d’être un amateur, mais il vous est interdit de le rester

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  1. L’œil de l’expert- Ibuka Ndjoli, sur la relation client et l’emploi

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